Ouest-France du 15/03/2016

La voiture tombe à panne, à qui de payer ?

(Note de la CSF: Le garage a finalement pris en charge les frais, soit 2540€ )

 

Elle est toujours sous garantie. Mais le garage qui l’a vendue reste sourd aux démarches de son client, d’une association de consommateurs et de la préfecture. L’acheteur envisage l’assignation.

L’histoire

« Depuis deux mois, ma voiture est immobilisée dans mon garage. J’habite Baud, je travaille à Lorient. Je suis obligé d’emprunter le véhicule de ma mère… » Le 30 octobre dernier, Didier (prénom d’emprunt) achète une auto d’occasion de marque étrangère dans un garage à Lanester. La voiture, vendue un peu moins de 8 000 EUR, affiche 116 000 km au compteur. « Durant les vacances de Noël, tandis que je roule à Lanester, un voyant s’allume , raconte l’automobiliste. Il indique : « gestion moteur, réparation imminente ! » Je me rends tout de suite là où j’ai acheté la voiture. On m’adresse à la concession pour détecter la panne : le filtre à particules doit être changé. » Un devis est établi : la réparation se monte à 1 317,46 EUR TTC. Didier apprend alors que le constructeur prévoit le remplacement de la pièce en question, sur les véhicules de ce modèle, à 120 000 km. Soit le kilométrage au moment de la panne subie par l’acheteur.

 

Les services préfectoraux avertis

« Quand j’ai acheté la voiture, le garagiste aurait dû préalablement changer ce filtre ou bien m’avertir que j’allais devoir envisager cette réparation , argumente Didier. Sachant qu’il m’en aurait coûté une telle somme, je n’aurais pas acheté ce véhicule. » Muni du devis, il retourne voir son vendeur. Selon ce dernier, la garantie de conformité ne peut intervenir dans le cas d’espèce. Le lendemain, il téléphone pourtant à son client, pour l’informer qu’il accepte, « à titre commercial » , de prendre en charge 500 EUR du montant de la réparation. Didier contacte alors la Confédération syndicale des familles (CSF), à Plœmeur. Plusieurs courriers sont adressés au responsable du garage pour tenter de trouver une solution à l’amiable ; ils restent sans réponse. L’association porte également le litige à la connaissance de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP, préfecture). Les services de l’Etat « rappellent le garagiste à ses obligations » . Le 18 février, ils adressent un courrier à la CSF, dans lequel ils confirment que « cette réparation, non couverte par la garantie commerciale, doit être prise en charge au titre de la garantie de conformité » .

Le tribunal de proximité ?

La DDPP explique en outre que, « le véhicule ayant été acquis à 116 000 km, le vendeur, au titre de son information précontractuelle, aurait dû informer l’acquéreur du remplacement proche du filtre à particules » . La CSF poursuit ses démarches, notamment auprès du siège de la marque représentée par le garage de Lanester. « Ils nous ont expliqué ne pas avoir la main sur ce dossier ,explique Danielle Boisnel, présidente de la CSF de Plœmeur. Mais ils ont quand même pris contact avec leur franchisé … » Joint par la rédaction, ce dernier fait savoir qu’ « il n’y a ni accord, ni désaccord. Le contact n’est pas rompu, des pourparlers sont en cours » . Danielle Boisnel est formelle : « Le cas de notre adhérent entre parfaitement dans le cadre des articles du code de la consommation, relatif à la garantie légale de conformité. Ils prévoient la prise en charge intégrale des réparations. Notre adhérent demande également dédommagement du préjudice subi par l’immobilisation du véhicule. » Soutenu par la CSF, Didier va demander une expertise indépendante de la voiture. En fonction des conclusions, il pourrait saisir le tribunal de proximité.

Catherine JAOUEN.