Deux prêts de 10 000 € au même taux de 6 % par an : l'un sur 36 mois coûte environ 952 € d'intérêts, l'autre sur 84 mois environ 2 271 €. La mensualité du second est deux fois plus légère, son coût plus de deux fois plus lourd. Tout l'intérêt d'un simulateur tient dans ce contraste, à condition de savoir ce qu'il calcule vraiment et ce qu'il laisse de côté.

Un écran de simulation n'engage personne. Il applique une formule à trois chiffres que vous saisissez, parfois avec un taux « indicatif » choisi par le site qui l'héberge. Le coût réel n'est connu qu'avec les documents que la loi impose au prêteur avant la signature.

Ce que calcule une simulation crédit conso

Un simulateur demande trois données : le montant emprunté, la durée en mois et un taux annuel. Il en déduit la mensualité, puis le coût total des intérêts. Rien de plus. Il ne connaît ni vos revenus, ni vos charges, ni les frais de dossier, ni le prix d'une éventuelle assurance, sauf si vous les ajoutez vous-même.

La plupart des pages qui proposent ce calcul sont celles d'établissements ou de comparateurs. Elles affichent souvent un taux « à partir de », valable pour un montant, une durée et un profil d'emprunteur précis. Ce taux d'appel sert d'exemple, pas de promesse : le prêteur fixe le sien après avoir étudié votre dossier.

La formule de la mensualité constante

Pour un prêt amortissable classique (le prêt personnel ou le crédit affecté), la mensualité se calcule ainsi :

mensualité = capital × t ÷ (1 − (1 + t) puissance −n)

où t est le taux mensuel (taux annuel divisé par 12, dans la convention la plus courante) et n le nombre de mensualités. Avec 10 000 € à 6 % sur 48 mois, t vaut 0,005 et n vaut 48 : la mensualité ressort à 234,85 €. Multipliée par 48, elle donne 11 272,80 €, soit 1 272,80 € d'intérêts.

Chaque mensualité mêle des intérêts et une part de capital. Au début, les intérêts pèsent plus lourd, car ils portent sur un capital encore élevé ; la part de capital grossit ensuite mois après mois. C'est pour cette raison qu'un remboursement anticipé fait surtout économiser des intérêts quand il intervient tôt.

Le même capital, quatre durées

Le tableau suivant applique la formule à 10 000 € au taux de 6 % par an, sans frais ni assurance. Les montants sont arrondis au centime.

DuréeMensualitéIntérêts payés
36 mois304,22 €951,90 €
48 mois234,85 €1 272,81 €
60 mois193,33 €1 599,68 €
84 mois146,09 €2 271,19 €

Allonger la durée allège la mensualité, mais chaque année supplémentaire ajoute des intérêts. Le taux joue aussi : sur 48 mois, le même prêt coûte environ 838 € d'intérêts à 4 % et 1 718 € à 8 %.

Credit conso taux : nominal, TAEG et taux d'usure

Trois taux circulent autour d'un crédit, et les simulateurs ne précisent pas toujours lequel ils utilisent.

Le taux débiteur (ou taux nominal) est celui qui sert à calculer les intérêts. Le taux annuel effectif global (TAEG) ajoute au taux nominal tous les coûts imposés pour obtenir le prêt. La Banque de France y range les frais de dossier, les frais d'intermédiaire comme ceux d'un courtier, ainsi que le coût des assurances et garanties obligatoires lorsqu'elles conditionnent l'octroi du crédit. C'est le TAEG qui permet de comparer deux offres entre elles, et c'est lui que la loi oblige à afficher dans les publicités, les fiches d'information et les contrats.

Le taux d'usure est le plafond légal du TAEG. Il est calculé par la Banque de France à partir du taux moyen pratiqué au trimestre précédent, augmenté d'un tiers, puis publié au Journal officiel. Un prêt dont le TAEG dépasse ce plafond au moment de son octroi est usuraire, donc interdit.

Les plafonds en vigueur depuis le 1er octobre 2026

Pour les crédits à la consommation aux particuliers (et les prêts travaux jusqu'à 75 000 €), la Banque de France publie trois seuils selon le montant :

Main écrivant au crayon dans un carnet ouvert, à côté d'une calculatrice bleue et d'un ordinateur portable
Montant du créditTaux d'usure au 1er octobre 2026Taux moyen constaté au 3e trimestre 2026
3 000 € ou moins23,60 %17,70 %
De 3 000 € à 6 000 €15,76 %11,82 %
Plus de 6 000 €8,56 %6,42 %

Ces seuils changent chaque trimestre. Le prochain avis est attendu pour le 1er janvier 2027 ; une simulation faite avec un taux saisi au hasard peut donc ne correspondre à aucune offre possible. Le découpage par montant explique aussi pourquoi les petits prêts affichent des taux nettement plus hauts : le plafond autorisé y est plus élevé.

Vérifier un taux proposé

Une vérification simple consiste à rapprocher le TAEG d'une offre du seuil de sa tranche de montant. Un TAEG de 12 % sur 5 000 € reste sous le plafond de 15,76 %. Le même 12 % sur 8 000 € le dépasserait, puisque le seuil de cette tranche est de 8,56 %. Les questions sur l'application de l'usure à un prêt précis relèvent, selon la Banque de France, du ministère de l'Économie.

Prêt personnel, crédit affecté, renouvelable : trois mécaniques

La formule de la mensualité constante convient au prêt personnel, dont l'usage est libre, et au crédit affecté, lié à l'achat d'un bien ou d'un service précis (voiture, cuisine, travaux). Pour ce dernier, service-public.gouv.fr rappelle que le remboursement ne commence qu'à la livraison du bien ou à l'exécution de la prestation, et que le contrat de crédit et la vente sont liés.

Le crédit renouvelable fonctionne autrement : une réserve d'argent se reconstitue à mesure des remboursements, et la mensualité dépend du montant utilisé. Une simulation à durée fixe n'en donne qu'une image partielle. Pour ce type de crédit, le prêteur doit communiquer le capital restant dû chaque mois, contre une fois par an pour les autres crédits.

Des données utiles à préparer pour une simulation fiable

Une estimation n'a de sens que si les chiffres saisis sont réalistes. Avant de lancer un calcul, il est utile de rassembler :

  • le montant réellement nécessaire, apport déduit, sans arrondir au palier supérieur par confort ;
  • la mensualité supportable une fois payés le loyer, l'énergie, les assurances et les autres crédits ; la rubrique budget et aides aide à faire ce point ;
  • le taux le plus récent de la tranche de montant concernée, en gardant le taux d'usure comme borne haute ;
  • les frais connus : frais de dossier, assurance emprunteur si elle est exigée.

Le prêteur, lui, a l'obligation de vérifier la solvabilité de l'emprunteur. Il compare les revenus et les dépenses obligatoires et peut consulter le fichier des incidents de remboursement tenu par la Banque de France. Pour un crédit souscrit en magasin ou à distance, une fiche de dialogue sur les revenus et les charges est remplie et signée ; au-delà de 3 000 €, des justificatifs sont demandés.

De l'estimation à l'offre : les documents qui font foi

Après la simulation viennent deux documents encadrés par le Code de la consommation.

  1. La fiche d'information précontractuelle européenne normalisée (FIPEN). Remise avant tout engagement, elle reprend notamment l'identité du prêteur, le montant, le TAEG, le coût total du crédit, l'échéancier et le droit de rétractation. Si une assurance est exigée, son coût doit être détaillé, et la possibilité de souscrire une assurance équivalente auprès d'un autre assureur doit être mentionnée.
  2. L'offre de contrat de crédit, remise gratuitement, avec un encadré qui récapitule les caractéristiques essentielles. L'emprunteur dispose de 15 jours pour l'accepter en renvoyant un exemplaire daté et signé.

Une fois l'offre signée, un délai de 14 jours calendaires permet de renoncer au crédit sans justification, et aucun paiement ne peut être exigé pendant ce délai. Le détail des cas particuliers figure dans l'article sur le délai de rétractation d'un crédit.

Comparer la FIPEN au résultat du simulateur révèle souvent l'écart entre le taux affiché en vitrine et le taux réellement proposé. C'est ce document, et non l'écran de calcul, qui sert de base en cas de désaccord.

Personne feuilletant des documents imprimés sur un bureau, près d'une tasse de café et d'une tablette

Ce qui change le 20 novembre 2026

Le texte français qui transpose la directive européenne 2023/2225 (ordonnance du 3 septembre 2025, numéro 2025-880) s'applique à partir de cette date. Plusieurs points touchent directement la simulation et la comparaison des offres.

  • Un champ élargi : le plafond du crédit à la consommation passe de 75 000 € à 100 000 €, et les crédits de moins de 200 €, les crédits gratuits ou à frais négligeables, ainsi que les paiements fractionnés ou différés de moins de trois mois entrent dans le dispositif, selon service-public.gouv.fr.
  • Une publicité plus encadrée : elle devra porter la mention « Attention ! Un crédit coûte de l'argent et doit être remboursé ! » et ne pourra plus mettre en avant la facilité d'obtention d'un crédit.
  • Une information renforcée : le décret n° 2026-105 du 19 février 2026 ajoute au document précontractuel le coût total, les conséquences d'un défaut de paiement et les voies de recours.
  • Une solvabilité mieux tracée : le décret n° 2026-719 du 1er août 2026 impose au prêteur de pouvoir démontrer comment il a évalué la situation de l'emprunteur.
  • Une rétractation prolongée en cas de manquement : si l'emprunteur n'a pas reçu l'offre ou les informations obligatoires, la faculté de renoncer peut durer jusqu'à un an et deux semaines à compter de la signature, selon le nouvel article L312-19.

Le calcul de la mensualité, lui, ne change pas : la formule reste la même avant et après la réforme.

Rembourser plus tôt : l'effet sur le coût

Un prêt personnel ou affecté peut être soldé en partie ou en totalité avant son terme. L'article L312-34 du Code de la consommation prévoit alors une baisse du coût total, proportionnelle à la durée qui restait à courir. Le prêteur peut demander une indemnité seulement si les remboursements anticipés dépassent 10 000 € sur douze mois. Elle est plafonnée à 1 % du montant remboursé quand il reste plus d'un an avant la fin du contrat, à 0,5 % sinon, et ne peut jamais dépasser les intérêts qui auraient été payés sur la période restante. Aucune indemnité n'est due pour un découvert, pour un remboursement pris en charge par une assurance de prêt ou pour un crédit à taux non fixe.

En cas de difficulté de paiement, la logique s'inverse : dès le premier incident, le prêteur doit informer l'emprunteur des risques et des solutions, et l'indemnité qu'il peut réclamer en cas de défaillance est limitée à 8 % du capital restant dû. Un désaccord persistant avec un établissement suit l'ordre des recours décrit dans l'article sur le litige de consommation, avec en premier lieu le service réclamations puis le médiateur désigné par l'établissement.

Questions fréquentes

Une simulation de crédit engage-t-elle à emprunter ?

Non. Une simulation n'est ni une demande ni une offre. Seule l'offre de contrat signée, puis non rétractée dans les 14 jours, engage l'emprunteur.

Comment calculer soi-même la mensualité d'un prêt conso ?

Avec la formule de la mensualité constante : capital × t ÷ (1 − (1 + t) puissance −n), où t est le taux mensuel et n le nombre de mois. Un tableur fait le calcul avec la fonction de remboursement périodique, en indiquant un taux mensuel.

Quel taux pour un crédit conso en novembre 2026 ?

Le taux dépend du prêteur et du dossier. La loi fixe seulement un maximum : depuis le 1er octobre 2026, le TAEG ne peut pas dépasser 23,60 % jusqu'à 3 000 €, 15,76 % de 3 000 à 6 000 € et 8,56 % au-delà.

Quelle mensualité pour un prêt de 10 000 € ?

À 6 % par an sans frais, environ 304 € sur 36 mois, 235 € sur 48 mois, 193 € sur 60 mois et 146 € sur 84 mois. Le TAEG de l'offre réelle, frais et assurance compris, donne le chiffre définitif.

Les crédits à la consommation déjà signés changent-ils de régime ?

L'ordonnance du 3 septembre 2025 prévoit des dispositions transitoires pour les contrats en cours. Le texte de ses articles 99 et 100 sur Légifrance, ou une association de consommateurs agréée ou un professionnel du droit pour une situation précise, permettent de savoir quelle version s'applique.

Sources et références

  • Banque de France, Taux d'usure 2026-Q4 — www.banque-france.fr
  • Banque de France, Le taux d'usure — www.banque-france.fr
  • Service-public.gouv.fr, Crédit à la consommation : règles du contrat — www.service-public.gouv.fr
  • Service-public.gouv.fr, Crédit à la consommation : crédit affecté — www.service-public.gouv.fr
  • Service-public.gouv.fr, Crédit à la consommation : les règles évoluent pour prévenir le surendettement — www.service-public.gouv.fr
  • Légifrance, Ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025 relative au crédit à la consommation — www.legifrance.gouv.fr
  • Légifrance, Code de la consommation, article L312-34 — www.legifrance.gouv.fr