Un smartphone neuf et un lave-linge d'occasion acheté chez un revendeur bénéficient de la même durée de protection : deux ans à compter de la livraison. Pourtant, si une panne survient au bout de quinze mois, l'acheteur du smartphone n'aura rien à démontrer sur l'origine du défaut, alors que l'acheteur du lave-linge devra prouver qu'il existait déjà au moment de la vente.
Ce contraste résume la logique de la garantie légale de conformité. Sa durée est fixe, mais la charge de la preuve bascule à une date qui dépend de l'état du bien vendu. Comprendre ce mécanisme, et les étapes que le Code de la consommation impose ensuite au vendeur, permet de savoir ce que l'on peut exiger, et à quel moment.
Ce qu'est la garantie légale de conformité
La garantie légale de conformité est une obligation du vendeur professionnel envers l'acheteur non professionnel. Elle découle de la loi : le vendeur ne peut pas l'écarter, la limiter ni la faire payer. Les articles L217-3 à L217-20 du Code de la consommation l'organisent, dans leur rédaction issue de l'ordonnance n° 2021-1247 du 29 septembre 2021, applicable aux contrats conclus à partir du 1er janvier 2022.
Elle se distingue de deux autres protections souvent confondues avec elle :
- la garantie commerciale, offerte ou vendue par le fabricant ou le magasin, qui s'ajoute à la garantie légale sans jamais la remplacer ;
- la garantie des vices cachés, prévue par le Code civil, qui s'applique aussi entre particuliers et repose sur d'autres conditions, détaillées à propos du vice caché sur une voiture d'occasion.
Une extension de garantie ou une assurance proposée en caisse ne remplace pas non plus la garantie légale. L'article sur l'assurance du téléphone portable aide à faire la différence entre ce qui est déjà dû par la loi et ce qui relève d'un contrat payant.
Quels biens, quels vendeurs
Selon la fiche de Service-Public.fr vérifiée le 17 août 2026, la garantie couvre les biens neufs et d'occasion, les biens et services numériques, ainsi que les biens à fabriquer ou à produire. Elle porte sur le bien lui-même : si l'acheteur le revend à un autre consommateur, la garantie suit l'objet.
Elle ne s'applique pas aux biens d'occasion vendus aux enchères publiques, aux ventes conclues avec un particulier ou par un commissaire de justice, à la vente d'animaux domestiques, ni aux contenus et services numériques fournis gratuitement.
Ce que recouvre un « défaut de conformité »
Le défaut de conformité ne se limite pas à la panne. Service-Public.fr range sous cette notion plusieurs situations :
- le bien est impropre à l'usage habituel attendu d'un objet du même type ;
- il ne correspond pas à la description donnée par le vendeur ;
- il n'a pas les qualités annoncées, dans la publicité ou sur l'étiquette par exemple ;
- il présente un défaut de fabrication, une imperfection ou un mauvais assemblage.
Un aspirateur dont l'autonomie réelle est très inférieure à celle affichée, un meuble livré avec une notice de montage erronée, un téléviseur dont une fonction vantée sur l'emballage n'existe pas : tous peuvent relever de la garantie.
Le défaut doit exister au moment de la livraison. Sont exclus les défauts que l'acheteur connaissait au moment de l'achat, ceux liés à des matériaux qu'il a lui-même fournis, et ceux qui résultent d'une mauvaise utilisation.

Le cœur du mécanisme : la présomption d'antériorité
La garantie dure deux ans à compter de la délivrance du bien. À l'intérieur de cette période, la loi organise une présomption : un défaut qui apparaît est réputé avoir existé dès la livraison, sans que l'acheteur ait à le prouver.
| Type de bien | Durée de la garantie | Présomption d'antériorité |
|---|---|---|
| Neuf | 2 ans | 24 mois |
| Reconditionné | 2 ans | 24 mois |
| Occasion | 2 ans | 12 mois |
Pour un bien neuf ou reconditionné, la présomption couvre donc toute la durée de la garantie. Pour un bien d'occasion, elle s'arrête au bout de douze mois : pendant la seconde année, c'est à l'acheteur de démontrer que le défaut existait au moment de la vente, par exemple avec un diagnostic de réparateur.
Pour les biens qui reçoivent des mises à jour numériques prévues au contrat, comme certains objets connectés, Service-Public.fr précise que la garantie court jusqu'à la fin de la fourniture de ces mises à jour.
Réparer ou remplacer : un choix encadré
Lorsqu'un défaut apparaît, l'acheteur demande la mise en conformité du bien. L'article L217-9 du Code de la consommation lui laisse le choix entre la réparation et le remplacement.
Le vendeur peut s'écarter de ce choix dans deux cas prévus par l'article L217-12 : si la solution demandée est impossible, ou si elle entraîne un coût disproportionné au regard de l'autre option, compte tenu de la valeur du bien et de l'importance du défaut. Un refus doit alors être motivé par écrit ou sur un support durable.
Trois règles encadrent ensuite l'intervention :
- le délai : la mise en conformité ne peut pas dépasser trente jours suivant la demande de l'acheteur (article L217-10) ;
- la gratuité : aucun frais ne reste à la charge du consommateur, ni transport, ni main-d'œuvre, ni pièces (article L217-11) ;
- l'absence de contrepartie : l'acheteur ne paie pas l'usage normal qu'il a fait du bien remplacé.
Une garantie prolongée après réparation
Un bien réparé au titre de la garantie bénéficie d'une extension de celle-ci. Sur ce point, les deux sources officielles ne disent pas la même chose à la date de rédaction. L'article L217-13 du Code de la consommation, tel qu'il figure sur Légifrance au 30 octobre 2026, prévoit une extension de six mois. La fiche de Service-Public.fr vérifiée le 17 août 2026 annonce, elle, une extension de douze mois. En cas de doute pour un achat donné, la lecture du texte en vigueur à la date du contrat tranche.
Si l'acheteur a demandé une réparation et que le vendeur a finalement remplacé le bien, un nouveau délai de garantie court à compter de la livraison du bien de remplacement. Service-Public.fr parle d'une garantie renouvelée pour deux ans.
Quand la mise en conformité échoue
Le Code de la consommation prévoit une seconde étape. Selon l'article L217-14, l'acheteur peut obtenir une réduction du prix ou la résolution du contrat, c'est-à-dire le remboursement contre restitution du bien, lorsque :
- le vendeur refuse la réparation et le remplacement ;
- la mise en conformité intervient après le délai de trente jours ;
- elle cause un inconvénient majeur à l'acheteur ;
- le défaut persiste malgré une tentative de mise en conformité.
Lorsque le défaut est particulièrement grave, ces solutions peuvent être demandées immédiatement. En revanche, la résolution est exclue pour un défaut mineur, et c'est au vendeur de prouver ce caractère mineur.
La réduction du prix est proportionnelle à l'écart entre la valeur du bien livré et celle qu'il aurait eue sans défaut (article L217-15). En cas de résolution, le bien est rendu aux frais du vendeur, qui rembourse le prix.
Un remboursement à date fixe
L'article L217-17 impose le remboursement dès réception du bien ou de la preuve de son renvoi, et au plus tard quatorze jours après, par le même moyen de paiement que celui utilisé à l'achat, sauf accord contraire. Service-Public.fr détaille les pénalités de retard : 10 % si le remboursement intervient entre 14 et 30 jours de retard, 20 % entre 30 et 60 jours, 50 % au-delà de 60 jours.
L'article L217-8 ajoute un levier moins connu : l'acheteur peut suspendre le paiement de tout ou partie du solde du prix tant que le vendeur n'a pas rempli ses obligations. Des dommages et intérêts restent possibles devant le juge si un préjudice est prouvé.

Faire valoir la garantie, pas à pas
La démarche est gratuite. Service-Public.fr conseille d'écrire au vendeur, de préférence par lettre recommandée avec avis de réception, en joignant une preuve d'achat : ticket de caisse, facture ou bon de livraison. Le courrier décrit le défaut, sa date d'apparition et la solution demandée, réparation ou remplacement.
Le vendeur est l'interlocuteur, même lorsqu'il renvoie vers le fabricant ou le service après-vente d'une marque. C'est lui qui doit la garantie.
En cas de désaccord, l'acheteur dispose de plusieurs relais :
- un signalement sur la plateforme publique Signal Conso ;
- le médiateur de la consommation dont le vendeur doit communiquer les coordonnées, ou le conciliateur de justice ;
- en dernier lieu, le tribunal de proximité ou le tribunal judiciaire selon le montant.
L'enchaînement de ces étapes est expliqué dans le guide consacré au litige de consommation. La DGCCRF répond aussi aux questions des consommateurs sur sa ligne RéponseConso, au 0809 540 550, numéro non surtaxé.
Après les deux ans
Une fois la garantie légale expirée, d'autres protections peuvent prendre le relais : une garantie commerciale si elle a été accordée, ou la garantie des vices cachés si ses conditions sont réunies. Pour les contrats conclus à partir du 31 juillet 2026, Service-Public.fr signale en outre un droit à la réparation auprès du fabricant pour certains produits, notamment aspirateurs, smartphones, tablettes, téléviseurs, réfrigérateurs, lave-linge et lave-vaisselle, pendant une période de cinq à dix ans selon le produit et la pièce.
Questions fréquentes
Quelle est la durée de la garantie légale de conformité ?
Deux ans à compter de la délivrance du bien, qu'il soit neuf, reconditionné ou d'occasion. Seule la durée de la présomption d'antériorité diffère : 24 mois pour le neuf et le reconditionné, 12 mois pour l'occasion.
Le vendeur peut-il renvoyer vers le fabricant ?
Le vendeur professionnel est tenu de la garantie légale envers l'acheteur. Il peut organiser la réparation avec le fabricant, mais la demande s'adresse à lui et c'est lui qui répond du respect du délai de trente jours.
La garantie légale s'applique-t-elle à un achat entre particuliers ?
Non. Elle ne concerne que les ventes conclues avec un vendeur professionnel. Entre particuliers, seule la garantie des vices cachés du Code civil peut être invoquée.
Faut-il payer quelque chose pour faire jouer la garantie ?
Non. La mise en conformité est gratuite : transport, main-d'œuvre et pièces restent à la charge du vendeur, selon l'article L217-11 du Code de la consommation.
Que faire si la réparation dépasse trente jours ?
L'acheteur peut alors demander une réduction du prix ou la résolution du contrat, avec remboursement dans les quatorze jours, selon les articles L217-14 et L217-17 du Code de la consommation.
La garantie commerciale remplace-t-elle la garantie légale ?
Non. La garantie commerciale s'ajoute à la garantie légale. Elle peut prolonger la protection ou couvrir d'autres pannes, mais elle ne réduit jamais les droits que la loi accorde déjà.
Sources et références
- Service-Public.fr, Achat d'un produit - garantie légale de conformité — www.service-public.gouv.fr
- Légifrance, Code de la consommation, articles L217-8 à L217-17 - mise en œuvre de la garantie légale de conformité — www.legifrance.gouv.fr




