Mardi, 18 heures, retour du travail. Dans la boîte aux lettres : deux catalogues de supermarché, la carte d'une pizzeria, le dépliant d'un cuisiniste et, coincée entre eux, la seule lettre attendue de la semaine. Le tout part au bac jaune, sans avoir été lu. Sur la porte de la boîte, pourtant, un petit autocollant rouge dit clairement « Stop pub ».

Cette scène se répète chaque semaine dans des milliers de halls d'immeuble. D'après le ministère de la Transition écologique, les imprimés publicitaires représentent environ 766 700 tonnes de papier par an, soit 25,2 kg par foyer, alors qu'un tiers des boîtes aux lettres portent déjà un Stop pub. Voici les réponses aux questions qui reviennent le plus, texte de loi à l'appui.

D'où vient l'autocollant stop pub ?

Le dispositif a été lancé en 2004 par le ministère chargé de l'Environnement, dans le cadre du premier plan national de prévention des déchets. L'idée était simple : un signe visible sur la boîte aux lettres pour dire non aux prospectus. Entre 2004 et 2008, environ 9 millions d'autocollants ont été diffusés, d'après le ministère.

Pendant longtemps, l'autocollant n'avait qu'une valeur morale. Les distributeurs s'engageaient à le respecter, sans sanction prévue en cas de manquement. C'est ce qui explique que beaucoup de foyers aient pris l'habitude de le voir ignoré.

Que dit exactement la loi aujourd'hui ?

La règle figure désormais à l'article L541-15-15 du code de l'environnement. Déposer des imprimés publicitaires non adressés dans une boîte aux lettres qui affiche clairement son refus est interdit. Depuis le 1er janvier 2021, le non-respect de cette interdiction est puni de l'amende prévue pour les contraventions de 5e classe, soit 1 500 € au plus, en application de l'article R634-2 du code pénal, rappelle le ministère.

Trois points à retenir :

  • la règle vise les imprimés publicitaires non adressés : prospectus, catalogues, dépliants, cartes de visite commerciales glissés sans nom ni adresse ;
  • elle s'applique à toute personne qui distribue, pas seulement aux grandes sociétés de distribution ;
  • elle ne dépend pas d'un modèle officiel d'autocollant : c'est l'expression visible du refus qui compte.

Quel autocollant stop pub choisir ?

Aucun modèle n'est imposé. Le ministère met à disposition un fichier PDF à imprimer (un autocollant seul ou une planche), et de nombreuses collectivités en distribuent gratuitement en mairie ou à la déchèterie. Un message écrit à la main reste valable s'il est lisible et sans ambiguïté.

Quelques détails pratiques évitent les malentendus :

  • coller l'autocollant près de la fente, là où le distributeur le voit au moment de glisser le prospectus ;
  • dans un immeuble, le placer sur chaque boîte concernée, pas seulement sur la porte du hall ;
  • remplacer un autocollant délavé ou à moitié décollé, qui pourrait être contesté ;
  • éviter les formules nuancées du type « pub locale acceptée » si l'on veut un refus net, ou au contraire les utiliser en connaissance de cause.
Type de courrierConcerné par le Stop pub ?
Prospectus sans nom ni adresseOui
Catalogue d'enseigne glissé sans adresseOui
Lettre publicitaire à votre nomNon, autre démarche
Factures, courrier personnelNon
Fente à courrier en laiton encastrée dans un mur blanc crépi

Pourquoi les prospectus continuent-ils d'arriver ?

L'écart entre la règle et le contenu réel de la boîte tient à plusieurs causes, qui se cumulent souvent.

D'abord, la distribution est souvent confiée à des sous-traitants payés au volume, avec des tournées longues et rapides. Ensuite, certains documents ne sont pas perçus comme de la publicité par celui qui les dépose : journal gratuit, bulletin d'association, lettre d'un candidat. Enfin, une partie des envois porte un nom et une adresse : il s'agit alors de publicité adressée, que l'autocollant ne couvre pas.

Le ministère reconnaît lui-même que l'autocollant, posé sur un tiers des boîtes, n'a pas suffi à faire baisser fortement le tonnage. C'est ce constat qui a conduit à tester une logique inverse.

Qu'est devenue l'expérimentation Oui Pub ?

La loi Climat et résilience du 22 août 2021 (article 21) a prévu une expérimentation de trois ans. Le principe était renversé : sur les territoires volontaires, aucun prospectus ne pouvait être déposé, sauf sur les boîtes portant un autocollant « Oui Pub ».

Selon le ministère de la Transition écologique :

  • le cadre a été fixé par le décret n° 2022-764 du 2 mai 2022 ;
  • 14 collectivités ont participé, soit 2 623 449 habitants, un peu moins de 4 % de la population ;
  • l'interdiction s'est appliquée à partir du 1er septembre 2022 pour onze d'entre elles, et du 2 février 2023 pour Troyes Champagne Métropole, le Syvadec et la Communauté urbaine de Dunkerque Grand Littoral ;
  • l'expérimentation s'est achevée au printemps 2025.

Le rapport d'évaluation remis au Parlement fait état de résultats qualifiés de « très contrastés ». Le Gouvernement a indiqué ne pas juger opportun de porter un projet de loi de généralisation, et aucune proposition de loi en ce sens n'a été déposée. Conséquence directe : le Stop pub s'applique de nouveau partout, y compris dans les quatorze territoires pilotes. Les habitants de ces communes qui avaient retiré leur autocollant ont tout intérêt à le recoller.

Que faire quand l'autocollant n'est pas respecté ?

La loi prévoit une contravention, mais il faut des éléments concrets pour la faire jouer. La démarche la plus utile se fait en plusieurs temps.

Garder une trace

Photographier la boîte avec l'autocollant visible, puis les prospectus reçus, en notant la date. Un relevé sur deux ou trois semaines montre qu'il ne s'agit pas d'un oubli isolé.

Écrire à l'enseigne

Chaque prospectus mentionne une marque ou un magasin. Un courrier ou un courriel au service clients, avec les photos, rappelant l'article L541-15-15 du code de l'environnement et le montant de l'amende encourue, suffit souvent : l'enseigne donne alors la consigne à son distributeur. Le modèle peut tenir en cinq lignes : adresse de la boîte, dates des dépôts, rappel du texte, demande de cesser.

Exemple de rédaction, à adapter :

Garder une copie du message et la date d'envoi permet, si les dépôts reprennent, de montrer que l'enseigne était prévenue.

Alerter la commune

La mairie gère la collecte des déchets et a intérêt à réduire les tonnages de papier. Elle peut relayer le signalement auprès des enseignes locales ou des distributeurs, et indiquer les services compétents pour constater l'infraction sur son territoire.

Ce type de démarche ressemble à celle de tout différend avec une entreprise : écrit, preuves, puis escalade. Les étapes générales sont détaillées dans la page consacrée au règlement d'un litige de consommation.

Bac de tri gris rempli de papier froissé et de papier kraft, étiqueté pour le papier

Le Stop pub arrête-t-il la publicité à mon nom ?

Non. Une lettre publicitaire qui porte votre nom et votre adresse utilise vos données personnelles : elle relève du droit de la protection des données, pas du code de l'environnement. Le nom « liste Robinson » circule encore pour désigner l'inscription contre ce courrier adressé. La démarche la plus directe consiste à écrire à l'expéditeur pour vous opposer à l'utilisation de vos coordonnées à des fins de prospection, et à refuser la cession de vos données lors de vos prochains achats ou inscriptions.

La même logique vaut au téléphone. Depuis août 2026, les appels commerciaux non sollicités obéissent à des règles beaucoup plus strictes, détaillées dans l'enquête consacrée au démarchage téléphonique.

Le Stop pub fait-il vraiment une différence ?

À l'échelle d'un foyer, oui : le ministère chiffre à 11,5 kg par habitant et par an le volume moyen d'imprimés publicitaires. Pour une famille de quatre personnes, cela représente plusieurs dizaines de kilos de papier qui n'entrent pas dans la maison, ne passent pas par la poubelle de tri et n'ont pas été transportés pour rien.

À l'échelle collective, l'effet reste limité tant que deux boîtes sur trois acceptent les prospectus. C'est précisément l'argument qui avait motivé le Oui Pub, et c'est aussi pourquoi le débat sur la publicité papier n'est pas clos.

Pour ceux qui consultent quand même les promotions, la plupart des enseignes publient leurs catalogues en ligne : coller un Stop pub ne prive pas de l'information, cela supprime seulement le papier.

Questions fréquentes

L'autocollant stop pub est-il obligatoire pour refuser les prospectus ?

Oui, il faut un signe visible sur la boîte : sans lui, le dépôt d'imprimés non adressés reste permis. N'importe quel autocollant ou message lisible convient, aucun modèle n'est imposé.

Le bulletin municipal est-il bloqué par un Stop pub ?

Le texte vise les imprimés publicitaires. Un journal d'information d'une collectivité n'a pas le même objet, et il continue souvent d'être distribué. En cas de doute, la mairie peut préciser sa pratique.

Quelle amende en cas de non-respect du Stop pub ?

Depuis le 1er janvier 2021, une contravention de 5e classe, soit 1 500 € au plus, selon le ministère de la Transition écologique.

Le Oui Pub existe-t-il encore quelque part ?

Non. L'expérimentation s'est terminée au printemps 2025 sur les quatorze territoires pilotes, et le Gouvernement n'a pas prévu de la généraliser.

Comment obtenir un autocollant Stop pub gratuit ?

En le téléchargeant en PDF sur le site du ministère de la Transition écologique, en le demandant en mairie ou auprès du service déchets de la collectivité, ou en écrivant soi-même un message clair.

Sources et références

  • Ministère de la Transition écologique, Stop pub — www.ecologie.gouv.fr
  • Ministère de la Transition écologique, L'expérimentation Oui Pub — www.ecologie.gouv.fr