Combien de temps faut-il pour obtenir un HLM, et que faire pendant l'attente ? La réponse officielle tient en peu de mots : le délai varie selon le département, la commune et le type de logement recherché, et aucune durée nationale n'est fixée. Ce qui, en revanche, est parfaitement balisé, c'est le chemin administratif : un formulaire, un numéro unique, un renouvellement chaque année et, si l'attente dépasse un seuil fixé par le préfet, un recours devant une commission de médiation.
Bien mener une demande de logement social, c'est donc surtout éviter les erreurs qui font perdre l'ancienneté du dossier : un renouvellement oublié, une adresse qui n'est plus à jour, une composition familiale inexacte. Ce guide reprend chaque étape dans l'ordre, d'après les fiches de Service-public.fr et de l'Agence nationale pour l'information sur le logement (ANIL).
Étape 1 : vérifier les conditions de la demande de logement social
Deux conditions encadrent l'accès au parc HLM : la régularité du séjour en France et le niveau de revenus du foyer.
Les Français et les ressortissants de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de la Suisse justifient leur identité avec une carte d'identité ou un passeport. Les autres demandeurs doivent détenir un titre de séjour valide figurant sur la liste fixée par un arrêté du 20 avril 2022, ou un récépissé admis par ce texte.
Côté ressources, le revenu retenu est le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année. Pour une demande déposée en 2026, c'est donc celui de 2024, inscrit sur l'avis d'imposition reçu en 2025. On additionne les revenus de toutes les personnes à loger : le demandeur, l'éventuel codemandeur, les personnes rattachées à l'avis d'imposition et les enfants accueillis au titre d'un droit de visite. Un colocataire, lui, n'entre pas dans ce total.
Les plafonds de revenus en vigueur
Service-public.fr publie les plafonds de base applicables aux demandes de 2026. En voici un extrait pour les ménages les plus courants :
| Personnes à loger | Paris et communes limitrophes | Reste de l'Île-de-France | Autres régions |
|---|---|---|---|
| 1 | 34 996 € | 34 996 € | 30 424 € |
| 2 | 52 303 € | 52 303 € | 40 630 € |
| 3 | 68 562 € | 62 871 € | 48 859 € |
| 4 | 81 858 € | 75 309 € | 58 986 € |
Les jeunes couples et les parents seuls avec enfants bénéficient de plafonds spécifiques, plus élevés, et chaque personne supplémentaire relève le seuil. Un point surprend souvent : le dépôt reste possible quel que soit le revenu. Le simulateur d'éligibilité du service public donne une indication, pas une autorisation. Un foyer qui dépasse les plafonds peut se voir proposer un logement intermédiaire (PLI), aux loyers se situent entre le parc social et le marché libre.
Étape 2 : déposer le dossier
Deux voies existent, avec la même valeur juridique.
En ligne, via le téléservice national, qui sert aussi au renouvellement. Quelques départements disposent de leur propre téléservice ; le portail national renvoie alors vers lui. Une assistance téléphonique répond au 0 806 000 113 (prix d'un appel local), du lundi au vendredi de 9 h à 19 h.
Au guichet, avec le formulaire cerfa n° 14069, rempli puis remis à un guichet enregistreur : un bailleur social, un service municipal ou intercommunal habilité, selon les territoires. La liste des guichets de chaque département est consultable en ligne.
Le dossier se dépose une seule fois par département en province et outre-mer : le même numéro couvre toutes les communes demandées dans ce département. En Île-de-France, un dossier unique vaut pour toute la région ; à Paris, on peut cibler un ou plusieurs arrondissements, ou la ville entière. Un foyer qui cherche dans deux départements différents doit donc ouvrir deux demandes.

Les pièces à joindre
Le minimum exigé au dépôt est court :
- copie recto verso de la carte d'identité ou du passeport pour les ressortissants français, européens ou suisses ;
- copie du titre de séjour ou du récépissé pour les autres nationalités ;
- copie du jugement en cas de tutelle ou de curatelle.
Tout le reste est recommandé plutôt qu'imposé à ce stade : pièces d'identité des autres membres du foyer, justificatifs de revenus et de ressources, documents décrivant la situation personnelle ou professionnelle. Un dossier complet dès le départ évite pourtant des allers-retours au moment où un bailleur l'étudie pour un logement précis, et les commissions examinent le dossier tel qu'il est renseigné.
Le cas de la colocation
Les membres proches de la famille et les personnes figurant sur l'avis d'imposition peuvent être inscrits sans formalité particulière. Pour des colocataires sans lien de ce type, chacun dépose sa propre demande en mentionnant les autres, et la demande commune les fait figurer ensemble.
Étape 3 : recevoir et conserver le numéro unique
Une fois la demande enregistrée, une attestation d'enregistrement est délivrée. Elle porte le numéro unique et la date de dépôt, deux informations à conserver soigneusement. En ligne, l'attestation arrive par courriel après vérification de la pièce d'identité. Pour un dépôt au guichet ou par formulaire, elle est remise sur place ou envoyée dans un délai d'un mois.
Sans cette attestation, la demande n'existe pas aux yeux des bailleurs. Si rien n'arrive dans le mois, il faut relancer le guichet où le dossier a été déposé. La date de dépôt compte, car l'ancienneté de la demande fait partie des éléments examinés lors des attributions.
Étape 4 : tenir le dossier à jour et le renouveler
La demande est valable un an à compter du dépôt initial ou du dernier renouvellement. Un courrier prévient le demandeur au moins un mois avant la date limite. Le renouvellement se fait chaque année à date anniversaire, tant qu'aucun logement n'a été attribué, en ligne ou au guichet, dans les mêmes conditions que le dépôt. Une attestation de renouvellement est alors délivrée.
L'oubli coûte cher : sans renouvellement, la demande est radiée. Il faut alors tout recommencer et obtenir un nouveau numéro, avec une nouvelle date de dépôt. L'ancienneté accumulée est perdue.
Entre deux renouvellements, toute modification se fait sous le numéro initial, sans perdre la date d'origine. Il est recommandé de signaler un déménagement, une naissance, une séparation, un changement d'emploi ou une baisse de revenus. Une situation à jour peut changer l'ordre d'examen du dossier, notamment lorsqu'elle fait entrer le foyer dans un public prioritaire.
Étape 5 : comprendre l'attribution
Les logements sont attribués par les commissions d'attribution des logements et d'examen de l'occupation des logements, réunies chez chaque bailleur social. Elles examinent les candidatures présentées pour un logement donné, en tenant compte de la composition du foyer, des ressources, de la situation actuelle de logement et de l'ancienneté de la demande.
La loi désigne des publics prioritaires. Service-public.fr cite notamment les personnes en situation de handicap, les personnes mal logées ou sans logement, celles qui sont menacées d'expulsion sans relogement et les victimes de violences. Ces situations doivent apparaître clairement dans le dossier, justificatifs à l'appui, pour être prises en compte.
Pendant l'attente, le budget logement continue de peser. Une aide personnelle au logement peut alléger le loyer du parc privé en attendant, et le simulateur public en donne une estimation. Quant aux impôts locaux, la question de savoir ce qu'un locataire doit encore au fisc depuis 2023, ordures ménagères comprises, fait l'objet d'un article à part.

Étape 6 : quand l'attente dure trop, le recours DALO
Chaque préfet fixe par arrêté un délai d'attente anormalement long pour son département ; la notice du formulaire cerfa 51754 permet de le retrouver. Passé ce délai sans proposition adaptée, ou immédiatement pour les situations prioritaires, le demandeur peut saisir la commission de médiation au titre du droit au logement opposable (DALO).
Les délais fixés par les textes, rappelés par l'ANIL, sont les suivants :
| Étape du recours DALO | Délai |
|---|---|
| Décision de la commission de médiation | 3 mois (6 mois outre-mer) |
| Offre de logement après reconnaissance prioritaire | 3 mois, ou 6 mois outre-mer et dans les départements d'une agglomération de plus de 300 000 habitants |
| Saisine du tribunal administratif | 4 mois après l'expiration du délai laissé au préfet |
| Décision du juge | 2 mois |
Sans réponse de la commission dans le délai, la demande est réputée rejetée. Le recours contentieux n'est ouvert qu'aux demandeurs reconnus prioritaires et devant être logés en urgence. Pour monter ce dossier, l'ADIL du département donne une information juridique gratuite ; pour une procédure contentieuse, un avocat peut être sollicité, éventuellement au titre de l'aide juridictionnelle.
Les erreurs qui retardent une demande
Quelques écueils reviennent dans les fiches officielles et méritent une vigilance particulière :
- Viser une seule commune très demandée. Le numéro vaut pour tout le département : élargir les communes souhaitées multiplie les logements pour lesquels le dossier peut être présenté.
- Laisser passer la date anniversaire. La radiation fait perdre l'ancienneté.
- Garder une adresse ou un courriel périmés. Les propositions et les rappels de renouvellement n'arrivent plus.
- Omettre une personne du foyer, ou au contraire inscrire un colocataire comme membre de la famille : les plafonds et la taille du logement en dépendent.
- Taire une situation prioritaire. Violence, menace d'expulsion, handicap ou logement indigne doivent être déclarés et justifiés.
Pour un regard local, le cas d'une commune morbihannaise est chiffré dans la fiche consacrée à se loger à Plœmeur, avec la part réelle du parc HLM selon l'INSEE.
Questions fréquentes
Peut-on déposer une demande de logement social en dépassant les plafonds ?
Oui. Service-public.fr précise que le dépôt est possible quels que soient les revenus et le résultat du simulateur. En revanche, l'attribution d'un logement social classique suppose de respecter les plafonds ; au-delà, un logement intermédiaire peut être proposé.
Combien de temps faut-il pour obtenir le numéro unique ?
En ligne, l'attestation est envoyée par courriel après vérification de la pièce d'identité. Après un dépôt au guichet ou par formulaire cerfa, elle est remise sur place ou envoyée dans un délai d'un mois.
Faut-il refaire une demande dans chaque commune ?
Non. Un seul dossier par département suffit en province et outre-mer, en indiquant les communes souhaitées. En Île-de-France, un dossier unique couvre toute la région.
Que se passe-t-il si l'on oublie de renouveler ?
La demande est radiée. Il faut en déposer une nouvelle, qui reçoit un nouveau numéro et une nouvelle date de dépôt : l'ancienneté acquise est perdue. Un courrier de rappel est normalement envoyé au moins un mois avant l'échéance.
Quels revenus sont pris en compte en 2026 ?
Le revenu fiscal de référence de 2024, qui figure sur l'avis d'imposition reçu en 2025, additionné pour toutes les personnes à loger, colocataires exceptés.
Qui peut aider à remplir le dossier ?
L'assistance téléphonique du portail national (0 806 000 113) pour les questions pratiques, les guichets enregistreurs pour le dépôt, et l'ADIL du département pour l'information juridique gratuite, notamment sur le recours DALO.
Sources et références
- Service-public.fr, Demande de logement social (HLM) — www.service-public.gouv.fr
- ANIL, Louer en HLM : demande, délais, DALO et supplément de loyer de solidarité — www.anil.org




